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Le Grand Coloriage

NOUVELLE EXPOSITION AU GRAND COLORIAGE : Flowers. Flowers.


Flowers. Flowers. : la couleur selon Marie-Gabrielle Duc.

Du 1er au 30 septembre, Le Grand Coloriage accueille Flowers. Flowers., la nouvelle exposition de Marie-Gabrielle Duc. Artiste aux pratiques multiples, passée de l’écriture à la peinture avec le besoin d’un geste plus immédiat, elle développe un travail instinctif dans lequel la couleur, la matière et les grands formats occupent une place essentielle. Une exposition qui ouvre la rentrée de la galerie avec une invitation simple en apparence : regarder ce que la peinture peut encore faire d’un motif aussi universel que la fleur.

Il y a évidemment des fleurs dans Flowers. Flowers., mais elles sont moins, chez Marie-Gabrielle Duc, un sujet à contempler qu’un formidable territoire de peinture. Elles lui permettent de déployer la couleur, de travailler la matière, d’engager le corps et le geste dans la toile, mais également de faire entrer quelque chose du dehors dans l’espace clos du tableau. C’est autour de cette peinture généreuse et instinctive que s’articule la nouvelle exposition présentée au Grand Coloriage du 1er au 30 septembre 2026, avec un vernissage organisé jeudi 3 septembre, de 18 h à 21 h.

Pour cette rentrée, la galerie fait ainsi le choix d’une artiste dont l’œuvre se donne volontiers à voir avant de chercher à s’expliquer. Les couleurs sont franches, les formats souvent importants, le geste perceptible et le motif suffisamment familier pour que le regard puisse entrer dans le tableau sans mode d’emploi. Cette immédiateté n’enlève pourtant rien à la profondeur du travail de Marie-Gabrielle Duc, dont le parcours raconte précisément comment la peinture s’est progressivement imposée comme une nécessité.

De l’écriture à la peinture, trouver le geste juste

Marie-Gabrielle Duc n’est pas entrée dans l’art par la peinture. Son activité artistique est polymorphe et continue aujourd’hui d’emprunter au dessin, à la sculpture et à l’écriture, mais c’est avec les mots que son travail rencontre d’abord le public. En 2009, elle publie chez Albin Michel La Remorque Rouge, son premier roman, avant de répondre à l’invitation de la plasticienne Jeanne Susplugas, qui associe certains de ses textes à des œuvres et à des performances. Le Générateur, lieu d’art et de performances pour la création contemporaine et expérimentale, l’invite ensuite à lire son Monologue d’un paysage, expérience qui marque une inflexion dans son rapport à l’action artistique.

L’écriture reste néanmoins pour elle un processus lent, exigeant, presque un combat, alors que s’affirme parallèlement le besoin de transmettre plus directement cet enthousiasme à vivre qu’elle souhaite saisir et communiquer. La peinture lui offre cette autre temporalité, celle d’un geste plus rapide et plus physique, capable de faire surgir une sensation avant qu’elle ne soit entièrement passée par le filtre des mots. Dans les œuvres présentées pour Flowers. Flowers., Marie-Gabrielle Duc travaille notamment la peinture à l’acrylique, au couteau, une technique qui engage directement la matière et donne au geste une présence particulière. La couleur ne vient plus seulement recouvrir la toile : déposée, étirée ou superposée au couteau, elle gagne en épaisseur et laisse apparaître le mouvement même de la peinture. Les grands formats offrent à ce travail l’espace nécessaire pour prendre toute son ampleur.

La rentrée des ateliers au Grand Coloriage

L’exposition donnera également le ton des premiers ateliers de cette rentrée. Dès le samedi 5 septembre après-midi, les enfants retrouveront Le Grand Coloriage pour des ateliers en petit groupe inspirés de l’univers de Flowers. Flowers. : l’occasion d’observer les œuvres de Marie-Gabrielle Duc, de s’intéresser à son travail de la couleur, de la matière et du couteau, puis d’expérimenter à leur tour. Les ateliers reprendront ensuite leur rythme habituel, chaque mercredi et samedi après-midi, autour de l’exposition pendant tout le mois de septembre. Les places étant volontairement limitées afin de préserver la qualité de l’accompagnement, il est possible de réserver dès maintenant en nous contactant directement.

Flowers. Flowers., ou ce que l’on rapporte du dehors

Le choix de la fleur s’inscrit naturellement dans cette recherche. Motif parmi les plus anciens de l’histoire de l’art, maintes fois peint, dessiné, sculpté ou photographié, elle pourrait sembler presque épuisée par des siècles de représentations. C’est pourtant cette familiarité qui la rend intéressante : chacun croit savoir ce qu’est une fleur, tandis que la peinture peut encore déplacer ce regard et transformer un motif immédiatement reconnaissable en expérience de couleur, de matière et de composition.

Chez Marie-Gabrielle Duc, cette attention portée au monde extérieur dépasse d’ailleurs largement le seul motif floral. Elle repose sur une conviction qu’elle formule elle-même avec force : « Il faut rapporter des choses chez soi. » Des paysages, des horizons et des ciels pour contredire les limites des maisons, mais également quelque chose des autres, de leurs regards, de leurs douceurs et de leurs désespoirs, pour contredire celles de notre propre solitude.

Cette pensée éclaire particulièrement Flowers. Flowers.. Les fleurs y deviennent moins des objets représentés pour eux-mêmes que les véhicules d’une sensation rapportée du monde, puis reconstruite sur la toile. Le regard peut commencer par reconnaître un pétale, une tige ou une silhouette florale, avant de s’en détacher pour observer la circulation des couleurs, l’équilibre des formes, la matière ou la trace laissée par le geste. Entre figuration et expérience picturale, la fleur offre ainsi un point d’ancrage à partir duquel la peinture peut prendre ses libertés.

Marie-Gabrielle Duc résume cette ambition par une formule particulièrement évocatrice : « La peinture accroche aux murs l’inépuisable lumière. » Elle constitue sans doute l’une des plus belles clés pour entrer dans l’exposition, tant son travail semble chercher moins à reproduire ce qui est devant nous qu’à en préserver l’énergie.

De Flowers. Flowers. à la programmation : le regard des enfants comme fil rouge

Si Flowers. Flowers. trouve naturellement sa place au Grand Coloriage, c’est parce que l’exposition s’inscrit dans une programmation qui, depuis l’ouverture de la galerie, est pensée en considérant pleinement le regard des enfants, avec une conviction essentielle : il n’est pas nécessaire d’appauvrir une proposition artistique pour permettre aux plus jeunes d’y entrer.

C’est même tout l’enjeu du projet. Le Grand Coloriage est une galerie d’art contemporain qui expose des artistes pour la singularité de leur travail, tout en portant sur leurs œuvres un regard particulier au moment de construire sa programmation : qu’est-ce qui, dans cet univers, pourra intriguer un enfant, provoquer une observation, susciter une question, donner envie de comprendre un geste ou une technique ? La réponse ne tient pas nécessairement à un sujet figuratif ou immédiatement reconnaissable. Elle peut se trouver dans une couleur, une matière, une échelle, un processus de création ou simplement dans la personnalité de l’artiste et sa manière de raconter son travail.

C’est ainsi que s’est dessinée, exposition après exposition, l’identité du lieu. M.Chat, qui a inauguré la galerie, en est sans doute l’un des exemples les plus évidents : son célèbre chat jaune permet aux enfants de découvrir un artiste contemporain dans la galerie, puis de prolonger l’expérience dans la ville en allant notamment observer celui peint au-dessus de l’École des Beaux-Arts, toute proche. Cette même logique prend des formes très différentes avec Jordane Saget et ses lignes à la craie, Youssef Boubekeur et ses œuvres réalisées au stylo Bic, Invader et son langage construit autour du pixel, Kasing Lung et ses personnages parmi lesquels Labubu, ou encore Arnold d’Alger et ses grandes fresques travaillées à la feuille d’or.

Autant d’univers qui ne relèvent ni des mêmes techniques ni des mêmes références, mais qui possèdent cette capacité à créer un premier point de contact avec les enfants sans épuiser pour autant le sens de l’œuvre. On peut être attiré par un chat jaune avant de découvrir le street art, s’étonner qu’un simple stylo Bic permette de construire une œuvre avant de s’intéresser au dessin, ou reconnaître le langage du pixel avant de comprendre comment Invader a fait de la ville entière un territoire artistique. L’entrée peut être immédiate sans que ce qui vient ensuite soit simplifié.

La venue de Coline Colline, à l’occasion de son exposition Histoires et de la signature de son livre La sculpture, j’ai tout compris, publié aux éditions Privat, avait particulièrement bien incarné cette ambition. Ses ateliers autour d’animaux réalisés en petits points, accompagnés par une conteuse, avaient permis aux enfants de passer de l’œuvre au récit puis à la pratique, dans un prolongement naturel du travail présenté dans la galerie.

Avec Marie-Gabrielle Duc, c’est une autre porte qui s’ouvre. Il n’y a pas cette fois de personnage à reconnaître ni de langage emprunté à l’espace urbain, mais la puissance immédiate de la couleur, la présence des grands formats et le motif universel de la fleur. Son travail au couteau offre également une manière particulièrement concrète d’aborder la peinture avec les enfants : l’outil invite à déposer, étirer, superposer la matière et à découvrir qu’un tableau ne se construit pas nécessairement avec un pinceau. Dans les ateliers du Grand Coloriage, cette technique permet ainsi de passer très naturellement de l’observation de l’œuvre à l’expérience du geste.

Une galerie où l’on rencontre ceux qui font l’art

Cette programmation prend tout son sens dans la manière dont Le Grand Coloriage envisage la place des enfants au sein même de la galerie. La singularité du lieu tient précisément à cette double identité : être un espace d’exposition consacré à l’art contemporain et un lieu ouvert aux enfants chaque mercredi et samedi après-midi, où leur présence n’est ni périphérique ni exceptionnelle, mais inscrite dans le fonctionnement et dans la programmation.

Cette approche suppose de ne pas considérer la transmission comme une étape qui viendrait après l’exposition, une fois les œuvres accrochées. Elle commence dès le choix des artistes et se poursuit dans les relations que la galerie construit avec eux, car ceux qui exposent au Grand Coloriage ne viennent pas simplement y déposer leurs œuvres le temps de quelques semaines. Ils peuvent créer des pièces exclusives pour le lieu, imaginer et animer des ateliers, rencontrer les enfants, répondre à leurs questions et leur parler directement de leur manière de travailler.

Cette proximité change profondément la perception que les plus jeunes peuvent avoir de l’art contemporain. Derrière l’œuvre apparaît une personne qui cherche, choisit une technique, expérimente, recommence et invente son propre langage ; derrière une toile, une sculpture ou une intervention dans l’espace urbain apparaît un processus de création que l’on peut observer et interroger. C’est peut-être là que se situe l’une des ambitions les plus fortes du Grand Coloriage : faire découvrir l’art aux enfants sans jamais faire de compromis sur l’art lui-même. Il ne s’agit pas de fabriquer à leur intention une version simplifiée de la création contemporaine, mais de choisir des artistes dont le travail peut provoquer cette première rencontre, puis de leur donner les moyens d’aller plus loin.

Une rentrée artistique qui ouvre de nouveaux projets

La rentrée 2026 ouvre ainsi une nouvelle étape pour Art Kids Company et Le Grand Coloriage, avec l’envie d’approfondir encore ce travail de transmission et de multiplier les manières de parler d’art aux enfants. De nouvelles rencontres et de nouveaux événements viendront accompagner la saison, tandis que la galerie entend poursuivre le dialogue engagé avec les familles autour de l’art contemporain, de ses techniques et de ses artistes. Cette rentrée verra également s’élargir progressivement les propositions du Grand Coloriage, avec de nouveaux ateliers destinés aux adultes et une place plus importante accordée à la sculpture, dont la programmation sera prochainement dévoilée.

À travers ces différentes propositions, c’est toujours une même familiarité avec l’art que Le Grand Coloriage cherche à construire. Découvrir l’art ne signifie pas seulement connaître les grands noms ou parcourir les collections d’un musée : cela consiste également à comprendre comment une œuvre naît aujourd’hui, à observer les outils d’un artiste, à distinguer le dessin de la peinture, la sculpture d’une installation, à regarder comment un créateur investit l’espace ou détourne une matière, et à acquérir peu à peu ce vocabulaire du regard qui permet ensuite de circuler plus librement parmi les œuvres. Cette ambition concerne naturellement les enfants qui fréquentent déjà les ateliers de la galerie, mais elle ouvre également de nouvelles perspectives pour les familles auxquelles Art Kids Company souhaite donner davantage d’occasions de rencontrer l’art vivant. Visiter une exposition avec un artiste, préparer une sortie au musée, prolonger en atelier la découverte d’une œuvre, explorer un mouvement artistique ou comprendre une technique sont autant d’expériences qui peuvent construire une familiarité durable avec l’art, bien au-delà d’une activité ponctuelle du mercredi ou des vacances. Les projets à venir continueront donc de faire dialoguer exposition, pédagogie et pratique artistique, en conservant ce qui constitue depuis l’origine l’ADN du Grand Coloriage : ne jamais décider à la place des enfants que l’art serait trop complexe pour eux, mais leur donner les clés, le temps et les interlocuteurs nécessaires pour y entrer.

De Flowers. Flowers. aux prochains rendez-vous du Grand Coloriage

C’est finalement ce que cette rentrée raconte déjà avec Flowers. Flowers.. Devant les œuvres de Marie-Gabrielle Duc, nul besoin d’organiser artificiellement l’expérience ou de transformer la galerie en parcours immersif pour retenir le regard : il suffit de commencer par cette couleur qui s’impose, par le motif floral que l’on croit connaître, par la matière et par le geste, avant de découvrir le parcours d’une artiste qui a trouvé dans la peinture une autre manière de dire ce que les mots ne lui permettaient plus de transmettre assez vite. Pour les enfants comme pour leurs parents, cette proximité avec une création contemporaine constitue peut-être l’une des façons les plus simples de commencer à regarder.

Pendant tout le mois de septembre, Flowers. Flowers. ouvre ainsi la nouvelle saison du Grand Coloriage en donnant le ton des mois à venir : des expositions d’art contemporain, des artistes à rencontrer, des ateliers pour expérimenter et une programmation exigeante pensée pour les enfants, avec cette conviction que la culture artistique se construit moins dans l’accumulation des connaissances que dans la régularité des rencontres. À Paris, où l’offre de sorties culturelles pour les familles est immense, des grandes expositions aux musées, des expériences immersives aux animations proposées pendant les vacances scolaires, Le Grand Coloriage choisit une autre échelle, celle d’un lieu chaleureux où l’on peut revenir, retrouver des artistes, en découvrir de nouveaux et construire peu à peu, par l’expérience, son propre regard sur l’art.

FLOWERS. FLOWERS. de Marie-Gabrielle Duc

Du 1er au 30 septembre 2026

Au Grand Coloriage, 19 rue de Seine, Paris 6e

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