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L’éducation artistique : un enjeu majeur pour le développement des enfants


Des chercheurs en neurosciences aux spécialistes de l’enfance, des systèmes éducatifs nordiques aux pratiques d’art-thérapie, un constat revient régulièrement : créer aide les enfants à mieux comprendre leurs émotions, à développer leur confiance en eux et à construire leur capacité d’adaptation face aux difficultés. Mais au-delà du bien-être, une autre question s’impose désormais : quel rôle l’art joue-t-il dans l’éducation des enfants ?

Pourquoi les pratiques artistiques jouent aujourd’hui un rôle clé dans l’éducation

Chez Art Kids Company, cette réflexion existe depuis l’origine. Non pas envisager l’art comme une activité “à côté” de l’apprentissage, mais comme une manière différente d’apprendre : observer, expérimenter, ressentir, faire des liens, raconter, imaginer, essayer autrement.

Longtemps reléguées au second plan dans les parcours scolaires, les pratiques artistiques reviennent aujourd’hui au cœur des réflexions pédagogiques. De plus en plus d’enseignants, de chercheurs et de spécialistes de l’enfance considèrent que l’éducation artistique participe pleinement au développement intellectuel, émotionnel et social des enfants.

« L’enfant apprend aussi en créant, en observant et en expérimentant. » — Philippe Meirieu

Ce que montrent aujourd’hui les recherches sur l’art et l’éducation

Les recherches autour des liens entre création artistique, apprentissage et développement de l’enfant se multiplient depuis plusieurs années. De plus en plus de spécialistes défendent l’idée que les pratiques artistiques ne sont pas “un supplément” dans l’éducation, mais un véritable levier pédagogique, émotionnel et cognitif.

En France, plusieurs chercheurs et pédagogues participent activement à cette réflexion. Philippe Meirieu, figure majeure des sciences de l’éducation, défend depuis longtemps une école qui laisse davantage de place à l’expression, à la sensibilité et à l’expérimentation. Dans ses ouvrages et nombreuses interventions médiatiques, il rappelle que l’enfant apprend aussi en créant, en observant et en développant son rapport au monde, bien au-delà des seuls apprentissages académiques.

Dans cette même dynamique, Mathieu Cassotti, directeur de recherche en psychologie du développement et de la créativité à l’Université Paris Cité, travaille depuis plusieurs années sur les mécanismes de la créativité chez l’enfant. Régulièrement invité dans les médias, il explique que la créativité n’est pas un “don” réservé à quelques-uns, mais une compétence qui se développe grâce au jeu, à l’expérimentation et aux environnements éducatifs stimulants. Ses travaux montrent notamment que les activités créatives favorisent la flexibilité de pensée, la résolution de problèmes et la confiance dans les apprentissages.

Le psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron travaille également depuis de nombreuses années sur les liens entre enfance, créativité et usages numériques. Très présent dans les médias lorsqu’il est question d’écrans et d’éducation, il rappelle régulièrement l’importance des activités créatives manuelles dans le développement des enfants. Il est notamment connu pour avoir créé la règle « 3-6-9-12 », devenue une référence pour accompagner l’usage des écrans selon l’âge des enfants. Il a récemment publié 3-6-9-12+, apprivoiser les écrans et grandir (Érès, 2024).

Du côté des neurosciences, les travaux de Stanislas Dehaene sur les mécanismes de l’apprentissage nourrissent aussi ces réflexions. Le professeur au Collège de France rappelle régulièrement que les enfants apprennent mieux lorsqu’ils sont actifs, engagés et impliqués dans des expériences variées. Même si ses recherches ne portent pas exclusivement sur l’art, elles renforcent l’idée qu’expérimenter, manipuler et créer participent pleinement aux apprentissages. Ces réflexions dépassent aujourd’hui largement le monde de l’art. Elles interrogent plus globalement notre manière d’éduquer les enfants dans une époque marquée par l’accélération numérique, l’hyper-sollicitation et les écrans. Dans ce contexte, dessiner, peindre, construire, découper ou inventer apparaissent de moins en moins comme des activités “secondaires”, et de plus en plus comme des expériences essentielles dans le développement de l’enfant

Art Kids Company : explorer les liens entre art, apprentissage et neurosciences

Chez Art Kids Company, cette réflexion ne se limite pas aux ateliers destinés aux enfants. Elle nourrit également plusieurs projets actuellement en développement autour des liens entre création artistique, santé mentale et neurosciences.

Dans cette perspective, Art Kids Company travaille notamment avec Marie Lentz, fondatrice de la startup Kinlii, engagée sur les questions de santé mentale et d’art-thérapie. Une première rencontre organisée à la galerie Le Grand Coloriage a permis d’ouvrir des pistes de réflexion communes autour de la manière dont la pratique artistique peut favoriser l’expression des émotions, la confiance en soi et le bien-être.

Cette collaboration doit prochainement se prolonger à Station F, à Paris, à travers un projet réunissant artistes, entrepreneurs, professionnels de la santé mentale et acteurs de l’innovation. L’ambition est d’explorer comment les pratiques artistiques peuvent contribuer à mieux comprendre certains mécanismes liés à l’attention, au stress, à la créativité ou encore aux processus d’apprentissage.

Sans prétendre remplacer les approches médicales ou thérapeutiques, ces initiatives s’inscrivent dans un mouvement plus large qui cherche à mieux comprendre les effets de la création artistique sur le développement humain. Elles témoignent aussi d’un intérêt croissant pour les liens entre art, neurosciences et éducation.

>> Lire notre article sur nos initiatives avec Station F

Pour aller plus loin : quelques ouvrages de référence

Neurosciences, créativité et apprentissage

Éducation et développement de l’enfant

Art, émotions et construction de soi

Art, enfance et écrans

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